A Rodez, 500 nuances de noir

Le musée métallique consacré à Pierre Soulages apporte à la cité aveyronnaise une modernité sobre. Qui sied si bien à la cuisine de Michel Bras.

Plantés sur une butte du centre-ville, les cinq monolithes métalliques ont remodelé Rodez. Ils forment le musée Soulages, dont la fréquentation se répercute partout : de la cathédrale au musée Fenaille, du musée Denys-Puech au golf dix-huit trous, des hôtels aux brasseries qui se sont conformés aux critères du tourisme international, jusqu’à l’abbaye de Conques. A Rodez, il y a un avant et un après. Le musée a ouvert en mai 2014, consécutivement aux donations de cinq cents œuvres et documents (estimés à 42 millions d’euros) à la communauté d’agglomération du Grand Rodez par Pierre et Colette Soulages. Lui est né en 1919 dans une maison de la rue Combarel.

“Le musée est un vecteur d’éducation et de pédagogie, où soufflent la beauté et l’esprit”

Mais l’histoire débute véritablement à Conques quand, adolescent, l’artiste découvre l’abbatiale Sainte-Foy, une visite qui sera à l’origine de sa vocation artistique, bien avant qu’il en réalise les vitraux (1986-1994). Devenu une star mondiale de l’art contemporain, le maître de l’« outrenoir » est resté fidèle au Rouergue, bien qu’habitant aujourd’hui à Sète. Soulages, qui continue de produire une vingtaine de toiles par an, fera un beau centenaire. « Le musée est un vecteur d’éducation et de pédagogie, où soufflent la beauté et l’esprit », pose son conservateur, Benoît Decron, en annonçant cent soixante-dix mille visiteurs en 2016, un score supérieur aux prévisions. Toiles monumentales, estampes, brous de noix, bronzes, cartons préparatoires des vitraux de Conques… Sur 1 700 mètres carrés, la collection permanente couvre la diversité des techniques expérimentées, sous des éclairages idoines.

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