GILLES BARBIER. MACHINES DE PRODUCTION

Né en 1965 à Port-Vila (anciennement les Nouvelles-Hébrides, actuellement le Vanuatu), Gilles Barbier est un artiste polyphonique dont la personnalité, comme celle d’Erik Dietman, va au-delà des pratiques contemporaines.
Gilles Barbier est un touche-à-tout réalisant des sculptures, des dessins, des collages, des installations de grand format. Son œuvre s’articule sur la notion de doute et les possibilités d’existences, associant des lieux communs et des images scientifiques, écorniflant les personnages cultes, les super-héros notamment.
On a justement pu parler à propos de Barbier de son intérêt pour la science-fiction ou la bande dessinée, mais il me semble être plus proche du Flaubert de Bouvard et Pécuchet (ce stérile et frénétique appétit d’apprendre), du Rabelais de Pantagruel et Gargantua (flatulences, outrances, dérives langagières) voire du philosophe Deleuze pour la multiplication du soi renvoyant à la schizophrénie comme moteur existentiel.
Pour le musée Soulages, Gilles Barbier va rassembler cinq installations et ensembles dans la salle d’exposition temporaire, mais aussi dans l’accueil : l’Orgue à pets, la Boîte noire, la Méga-maquette, Le Terrier, de grandes gouaches inédites intitulées Les Soupes. Des pièces monumentales, déjà, célèbres dont la fameuse Boîte noire produite et présentée en 2015 à la Friche Belle de Mai à Marseille lors de l’exposition Echo Système. La reconstitution de cette Boîte noire est faite pour le musée Soulages : quatre grands tourniquets-cimaises portant 96 grandes gouaches et mus par un subtil système d’horlogerie, système réglé avec des stratégies de présentation. Les spectateurs voient toutes les images qui se succèdent avec un mouvement de rotation réglé au poil : elles tournent devant eux ; ils peuvent aussi monter sur les tourniquets comme sur un manège pour les accompagner…

Les oeuvres déployées dans l’espace de la salle d’exposition sont rassemblées sous la dénomination des Machines de production, manifestations d’un travail – celui de l’oeuvre, celui de l’artiste-, entre intelligence artificielle et automates, biotopes customisés et créatures étonnantes, langages familiers ou déroutants.
Après le Bleu de l’oeil de Claude Lévêque en 2015 et Pixels Noir Lumière de Miguel Chevalier en 2019, Gilles Barbier et ses Machines de production affirment la vocation contemporaine du musée Soulages, sa mission de présenter des artistes différents.

Gilles Barbier est représenté par la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris. Il a été présenté lors d’expositions personnelles, en France, aux Etats Unis, en Autriche, au Pays-Bas, en Allemagne…

« J’entends çà et là que l’enfant qui vivra mille ans est peut-être déjà né (…) J’affirme qu’en me donnant plus de temps, je serai à même de réaliser tous mes projets. Mais le sens des réalités me dit que, malheureusement, Je resterai un artiste définitivement inachevé »
Gilles Barbier

Benoit Decron, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Soulages Rodez

 

Source : https://musee-soulages-rodez.fr/oeuvres/gilles-barbier-machines-de-production/

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